Jeudi 10 septembre 2026, la BCE devrait relever ses taux directeurs pour la deuxième fois de l'année, portant le taux de dépôt à 2,5%. La cause : une inflation de 3,3% en zone euro, son plus haut niveau en trois ans. La France, à 1,8%, détonne dans ce paysage.

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Jeudi 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne devrait relever ses taux directeurs pour la deuxième fois de l'année, portant le taux de dépôt de référence à 2,5%. La cause : l'inflation de la zone euro a grimpé à 3,3% sur un an en août 2026, son niveau le plus élevé depuis trois ans. Mais dans ce contexte, un pays détonne : la France, où l'inflation n'atteint que 1,8% en août, repassant sous le seuil des 2% pour la première fois en trois ans.
Cette poussée inflationniste porte une signature reconnaissable : les prix de l'énergie ont bondi de 14,3% sur un an en août, contre 10,3% en juillet, sous l'effet de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran début juillet 2026. C'est exactement le même choc géopolitique qui a fait grimper le gazole au-dessus de 2,24 euros le litre fin août, augmenté le prix du gaz de 5,6% au 1er septembre, et coûté 0,1 point de PIB à l'agriculture française selon Bercy. La BCE, elle, encaisse désormais la traduction monétaire de cette même crise.
Le 17 juin 2026, un accord entre Washington et Téhéran prévoyait la fin des hostilités et la réouverture du détroit d'Ormuz, avec soixante jours accordés aux deux parties pour en finaliser les détails. Cet accord n'a pas résisté : début juillet, les hostilités ont repris, entraînant une nouvelle flambée des prix de l'énergie. C'est cette rechute, après une accalmie de quelques semaines, qui contraint aujourd'hui la BCE à revenir une deuxième fois à la charge, six mois seulement après son premier relèvement du 11 juin 2026.
Un détail technique change la lecture du problème : l'inflation sous-jacente, celle qui exclut l'alimentation et l'énergie, recule légèrement à 2,4% en août contre 2,5% en juillet, et l'inflation des services redescend aussi, à 3,0% contre 3,3%. Le choc énergétique ne s'est donc pas encore diffusé largement aux salaires et aux prix des services, ce qui explique pourquoi certains économistes continuent de qualifier ce choc de temporaire, pour l'instant.
Sur un crédit immobilier de 250 000 euros sur 20 ans, l'écart entre un taux à 3,2% et un taux à 4,5% représente environ 180 euros de mensualité supplémentaire, un surcoût cumulé qui se compte en dizaines de milliers d'euros sur la durée du prêt.
Un mécanisme plus technique mérite d'être surveillé : le taux d'usure, plafond légal au-delà duquel une banque n'a pas le droit de prêter, reste fixé à 5,19% pour les crédits de 20 ans et plus. Ce plafond est révisé trimestriellement par la Banque de France, sur une base différente du calendrier de décisions de la BCE. Si les barèmes bancaires grimpent plus vite que ce seuil réglementaire ne se révise, un dossier de financement, particulier ou professionnel, peut se retrouver refusé non pas faute de solvabilité de l'emprunteur, mais parce que le taux proposé par la banque dépasse ce plafond légal.
La BCE n'est pas seule face à ce dilemme. La Réserve fédérale américaine se réunit le 16 septembre, la Banque du Japon le 18, toutes deux confrontées à la même inflation tirée par l'énergie, que la politique monétaire ne peut pas traiter à la source, le prix du baril dépendant d'un détroit situé à 5 000 kilomètres de Francfort. Un sondage Reuters mené entre le 10 et le 13 août montrait déjà 83% des économistes interrogés anticipant cette hausse de septembre.
Selon un sondage Reuters publié le 3 septembre, cette hausse de septembre serait suivie d'un plateau, la BCE marquant une pause après ce deuxième relèvement. Tous ne partagent pas cette lecture : l'économiste Kamil Kovar estime à une chance sur deux la probabilité d'un troisième relèvement en décembre, si le choc énergétique s'avère plus généralisé que prévu, un scénario que la rechute de juillet rend difficile à écarter totalement. Avant l'annonce, Olli Rehn, gouverneur de la banque centrale finlandaise et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, avait appelé à ne montrer "aucune complaisance" face à ces pressions, jugeant que "l'Europe ne peut pas se permettre une crise du pouvoir d'achat."
Données issues de L'inflation dans la zone euro grimpe à 3,3% au mois d'août, une première depuis trois ans, franceinfo, de BCE : hausse de taux le 10 septembre, puis un plateau, France Épargne, et de Hausse des taux de la BCE : quel impact sur votre crédit immobilier ?, Faire.fr.
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