Depuis le 11 juin 2026, les 4 500 habitants d'Aubord, dans le Gard, ne peuvent plus boire l'eau du robinet à cause d'une contamination aux PFAS. Dès demain, une nouvelle redevance doit faire participer les industriels au financement de la dépollution, avec un écart massif entre besoin et recette.

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Depuis le 11 juin 2026, les 4 500 habitants d'Aubord, dans le Gard, ne peuvent plus boire l'eau du robinet. La cause : une contamination aux PFAS, ces "polluants éternels" qui ne se dégradent jamais dans l'environnement. À partir de demain, 1er septembre 2026, une nouvelle redevance doit faire participer les industriels au financement de la dépollution. Le problème, c'est l'écart entre ce qu'elle doit couvrir et ce qu'elle va réellement rapporter.
La loi qui instaure cette redevance a été adoptée en février 2025. Le décret d'application, lui, n'a été publié qu'en juin 2026, après plusieurs reports. Concrètement, à partir de demain, chaque industriel qui rejette des PFAS dans l'eau devra payer 100 euros pour 100 grammes rejetés, avec un abattement de 80% s'il installe un système de traitement des eaux avant rejet.
L'Inspection générale des finances évalue à environ 2 milliards d'euros par an les besoins de dépollution des réseaux d'eau potable contaminés. La même étude estime que cette nouvelle redevance ne rapportera que 10 millions d'euros en 2026. L'Inspection générale des affaires sociales est encore plus pessimiste, avec une estimation à 5 millions d'euros par an. Entre le besoin identifié et la recette attendue, l'écart dépasse un facteur 200.
La toxicologue Pauline Cervan, de l'ONG Générations Futures, souligne une limite structurelle du dispositif : "Seuls sont concernés les rejets des industriels dans l'eau, ce qui écarte toutes les émissions de PFAS dans l'air." Pour Générations Futures, la contribution des industriels via cette redevance reste "très insuffisante" au regard de l'ampleur du problème.
Le dispositif s'inscrit dans une trajectoire nationale de réduction des émissions industrielles de PFAS, avec un objectif de 70% de baisse d'ici 2027 et 100% d'ici 2030. La redevance fonctionne moins comme un outil de financement que comme une incitation à réduire les rejets à la source, les entreprises ayant tout intérêt à investir dans leur propre traitement plutôt qu'à payer.
Entre un besoin de 2 milliards d'euros par an et une recette de quelques millions, l'essentiel du coût de la dépollution continue de reposer sur les collectivités locales, et donc sur les factures d'eau des habitants concernés, dont ceux d'Aubord ne sont qu'un exemple parmi d'autres communes françaises confrontées au même problème.
Données issues de [PFAS dans l'eau du robinet : le principe du pollueur-payeur entre en vigueur pour contraindre les industriels à participer à la dépollution, franceinfo](https://www.franceinfo.fr/environnement/pollution/pfas/pfas-dans-l-eau-du-robinet-le-principe-du-pollueur-payeur-entre-en-vigueur-pour-contraindre-les-industriels-a-participer-a-la-depollution_8170400.html), de [Tout comprendre de la redevance de pollution de l'eau par les PFAS, Les agences de l'eau](https://www.lesagencesdeleau.fr/actualites/tout-comprendre-de-la-redevance-de-pollution-de-leau-par-les-pfas), et de [Pollution PFAS : entrée en vigueur de la redevance pollueur-payeur, Santé Matin](https://www.santematin.fr/pollution-pollueur-payeur-redevance).
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