À partir de mardi, un médecin ne pourra plus prescrire d'un seul geste six mois d'arrêt de travail. Mais contrairement à ce que beaucoup de titres laissent penser, cette réforme ne signifie pas qu'un salarié devra reprendre le travail après deux mois.

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À partir de mardi, un médecin ne pourra plus prescrire d'un seul geste six mois d'arrêt de travail. Le décret n°2026-498, publié le 12 juin 2026, plafonne chaque prescription à 31 jours pour un premier arrêt, 62 jours pour chaque prolongation. Mais contrairement à ce que beaucoup de titres laissent penser, ça ne signifie pas qu'un salarié devra reprendre le travail après deux mois.
Ces plafonds encadrent la durée de chaque prescription médicale, pas la durée totale d'un arrêt. Un salarié dont l'état de santé le justifie peut continuer à être arrêté au-delà de ces seuils, à condition que le médecin renouvelle formellement son avis à chaque échéance, en s'appuyant si besoin sur les recommandations de la Haute Autorité de santé. Concrètement, un arrêt long ne disparaît pas, il se découpe désormais en plusieurs tranches administratives, chacune nécessitant un nouveau document à transmettre.
Le fractionnement imposé par la réforme n'a pas pour effet de multiplier le délai de carence de trois jours : celui-ci ne s'applique qu'une fois par arrêt réellement nouveau, pas à chaque renouvellement d'un même arrêt continu. Les obligations de maintien de salaire des employeurs restent, elles aussi, totalement inchangées.
En 2025, la France a dépensé 17,9 milliards d'euros en indemnités journalières, un niveau record. Entre 2019 et 2024, le nombre d'arrêts indemnisés a progressé de 10%, pour atteindre 9,1 millions de cas. C'est ce dérapage budgétaire que le gouvernement cherche à mieux encadrer, sans toutefois toucher aux règles d'indemnisation elles-mêmes.
Édouard Philippe, candidat à la présidentielle, veut "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail". Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, répond dans une interview au Monde : "un salarié sur deux présente des signes de détresse psychologique au travail", un niveau qu'elle juge inédit, avec un salarié sur trois se disant proche du burn-out. Pour elle, "ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on va résoudre les symptômes et la maladie."
Données issues du décret n°2026-498 du 12 juin 2026, relatif à la durée des arrêts de travail, Journal officiel, d'Arrêt maladie limité à 31 jours : ce que le décret du 13 juin 2026 change pour les salariés, Maître Hassan Kohen, et de [Plafonnement des arrêts maladie : "un salarié sur deux présente des signes de détresse psychologique au travail", rappelle Sophie Binet, franceinfo](https://www.franceinfo.fr/politique/plafonnement-des-arrets-maladie-un-salarie-sur-deux-presente-des-signes-de-detresse-psychologique-au-travail-rappelle-sophie-binet-secretaire-generale-de-la-cgt_8171717.html).
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